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The Flash : la Super-Famille maltraitée ?

Alors que le film d'Andy Muschietti The Flash est sorti au cinéma depuis quelques semaines, avec un succès commercial extrêmement bancal, prenons le risque de nous pencher sur ce qui a été finalement effectué afin de tenter de répondre à quelques questions supermanesques.


The Flash - le film

En effet, il y a de nombreux mois, Henry Cavill était prévu avec Supergirl pour une réunion kryptonienne avant qu'il ne soit finalement écarté. Sasha Calle figurait toujours dans les plans du réalisateur en tant que Supergirl et pouvait apparaitre comme une alternative pour sauver l'honneur de la famille. Elle est bien présente dans le film et son rôle suscitait diverses interrogations peu avant la sortie. On a également vu les annonces d'un caméo de Nicolas Cage en Superman dans le film, quelques jours avant que l'actrice n'indique être comme "adoubée" par le cousin Superman Cavill, etc.


Bref, pour Planet Superman, il est naturel d'aborder la question du traitement de la Super-Famille et notamment de Superman au cœur du film qui devait présenter un arc fondamental de DC, le Flashpoint.


Y voit-on Superman ? Sans Cavill, comment le personnage est-il présenté ? Comment est présentée Supergirl et dans quel rôle ? Quelle conclusion tirée de la prestation de Calle ? Quel avenir pour sa Supergirl ? Ce Flashpoint remet-il tout en question alors qu'un nouvelle univers DC est en construction ? etc. La liste des interrogations est longue et non exhaustive !


Attention SPOILERS !



Superman est maltraité, non ?

Lorsque le retrait d'Henry Cavill a été annoncé en décembre 2022, le réalisateur du film The Flash a du sentir à l'époque un frisson le long de son épine dorsale. Le frisson de l'effroi. Celui qui vous dit que la galère est là et sera présente jusqu'au bout. De nombreux reshoots avaient été effectués, les remaniements ont toujours été à l'ordre du jour alors que la sortie arrivait à grand pas.


En effet, il est difficile de faire un film sur l'un des bouleversements de l'univers DC, sans le plus grand super-héros de l'univers (DC). Finalement, l'impasse n'est pas faite et on trouve bien Superman mentionné et affiché dès les premières secondes du film. Il intervient au Guatemala pour éviter la catastrophe autour d'un volcan. On le voit de dos et de loin sur les images d'un journal télévisé.


Superman au Guatemala

Dans les passages dans le "multiverse", le fameux Chronobowl (passage dans la Speed Force), on trouve diverses représentations de Superman, mais pas toutes les incarnations du Dernier Fils de krypton.

On trouve :

Manquent notamment à l'appel Kirk Alyn, Brandon Routh, Dean Cain, Tom Welling et même Tyler Hoechlin. Il y a évidemment un choix... de ceux que l'on veut utiliser comme de ce que l'on peut utiliser.


Pour incarner le temps ancien des origines, la production et la réalisation de The Flash se sont tournés vers George Reeves (1914-1959), le deuxième Superman en live action dans Superman and The Mole Men (1951) puis dans la série des Aventures de Superman (1952-1958), au détriment de Kirk Alyn (1910-1999) présent dès 1948 dans Superman: The Serial, puis Superman vs Atom Man (1950). Reeves est recréé numériquement en noir et blanc pour marquer cette époque.


On retrouve la légende Christopher Reeve (1952-2004) du Superman: The Movie (1978) de Richard Donner dans une animation plus ou moins belle qui rapproche l'acteur d'Helen Slater, actrice du Supergirl de 1984. Pour certains, il est quasi cadavérique, pour d'autres, il est plutôt convenable.

Le concept art présenté par le passé montrait déjà que Christopher Reeve serait présent dans le film. Difficile dans ce cas de faire l'impasse sur la référence de bien des fans.


The Flash : concept art


Les deux personnages de Superman et Supergirl n'ont jamais été ensemble en live action, mais la liberté est prise pour un rapprochement qui pourrait avoir lieu dans le projet de Gunn/Safran.


Surperman Christopher Reeve et Supergirl Helen Slater


On y trouve également l'incarnation du Superman envisagé pour Superman Lives, le projet abandonné, qui n'a donc pas réellement existé dans le référentiel cinématographique de Superman. Une animation plutôt bien faite montre un Superman aux cheveux longs et ressemblant à Nicolas Cage combattant une araignée géante avec sa vision laser, etc. en référence aux éléments du projet de Tim Burton.



L'impasse est faite par contre sur le Superman de Lois et Clark : Les nouvelles aventures de Superman (1993-1997) incarné par Dean Cain, comme sur celui de Brandon Routh dans Superman Returns (2006), que l'on a revu charismatique dans Crisis on infinite Earths en 2019, ainsi que sur le Superboy/Superman de Tom Welling pour Smallville (2001-2011), pourtant tout à fait... vivants.




Nous dirons qu'ils n'ont pas été sollicités ou bien qu'ils ont tous refusé, ou encore qu'ils se sont inclinés devant l'évidence ou le clin d’œil Superman Lives. Idem également pour le Superman Tyler Hoechlin qui à l'instar du Flash de Grant Gustin n'a même pas eu droit de cité.


Enfin, il y a également un choix de comment les utiliser, car si certains ont été transcendés et d'autres mis de côté, le moins que l'on puisse dire est que Superman d'Henry Cavill a été particulièrement maltraité.

Il n'est pas visible directement, car son caméo n'a pas été retenu pour le film. Le réalisateur a donc quelque peu contourné son absence pour, malgré tout, utiliser le dernier représentant de L'homme d'acier au cinéma. Outre l'émission d'information et l'éruption volcanique à l'étranger évoqués précédemment, on le voit plus tard pendant l'une des séquences du Chronobowl avec un rendu en images de synthèses (CGI) torse nu dans Justice League et Zack Snyder's Justice League. Le rendu est absolument catastrophique pour ce dernier Superman comparativement aux autres... par ailleurs, il est visible sans LE costume...


CGI Cavill dans The Flash


On ne peut que déplorer cette représentation irrespectueuse voire indigne pour tout fan du Dernier Fils de Krypton et d'Henry Cavill en particulier. La sortie de l'univers DC n'est pas du tout glorieuse, elle est même totalement indécente...


Retenons un commentaire sur le web parmi d'autres s'interrogeant sur la justesse des choix pour The Flash :

Au lieu d'utiliser la nécromancie en CGI sur Christopher Reeve, ils auraient pu utiliser Brandon Routh. Au lieu d'utiliser Helen Slater en CGI, ils auraient pu utiliser CW Flash et Supergirl. Au lieu d'un mec au hasard, ils auraient pu utiliser John Wesley Shipp pour Jay Garrick. Il y a tellement de meilleures options...

Oui, Superman a donc été maltraité !

Et il n'est pas le seul...



Supergirl est maltraitée, non ?

Penchons-nous maintenant sur la cousine de L'homme d'acier, Kara Zor-El alias Supergirl.

Notre rédacteur F.Boivin avait présenté le retour de Supergirl au cinéma, dans un article interrogeant sur "la fin des rendez-vous manqués" avec un film dédié à l'héroïne dans le plan de 10 ans de DC.

Peut-on penser, une fois vu le film The Flash sorti en salles, que Kara Zor-El/Supergirl a été magnifiée dans ce film avant le projet futur ?


Supergirl


La bande-annonce initiale de The Flash nous présentait Supergirl en captive à l'agonie, puis en combattante féroce et encapée dans une quasi-cinématique de jeu vidéo. Si la qualité des effets spéciaux était un élément d'inquiétude en février, on peut rester sur la même impression en juin, même si cela est un tout petit peu plus propre par moment. La séquence de combat une fois libérée est digne d'un jeu vidéo et les séquences avec les deux Flash face aux Kryptoniens, comme celle de la lutte contre le Général Zod, et bien d'autres moments montrent la faible qualité du film sur le plan technique. Les effets ne sont pas à la hauteur de ce que l'on aurait pu espérer a minima (et je reste poli).


Supergirl et les Flashs


Ensuite, la pertinence même du personnage de Supergirl dans ce film posait question dès le départ. Pourquoi est-elle là et dans quelle mesure intervient-elle dans le Flashpoint ?

Force est de constater que Supergirl a du remplacer au pied levé Superman pour incarner la part kryptonienne nécessaire afin d'aider Barry Allen/Flash à accomplir sa tâche. Sans Cavill du fait des luttes politiques et d'influence au sein de la Warner, il fallait bien qu'elle soit là.

Elle est dans ce film la force de frappe "brute" et la caution extraterrestre obligatoire pour faire face à Zod.




Dès lors, la prestation de l'actrice Sasha Calle est-elle à la hauteur du personnage ?

On trouve tous les sons de cloches évidemment et chacun se fera son opinion sur le jeu d'actrice de Calle, son charisme ou non, etc.


Sur le plan supermanesque, son entrée en jeu est similaire à la découverte du jeune Kal-El emprisonné qui doit se découvrir en tant que héros. Ceci dit, elle diffère car nous ne sommes pas en Amérique pour le jeune Kal-El, mais en Russie en Sibérie (avec une inspiration à Superman: Red Son pour l'origine russe par exemple). Le sauvetage est fait par le Batman/Bruce Wayne de Michael Keaton et non Batman/Thomas Wayne.


L'origine de Kara sur Terre posera question et on tentera de trouver diverses explications dans les comics Supergirl depuis 2004 avec une vie sur une autre planète que Krypton et une arrivée décalée dans le temps par rapport à son cousin.


Elle passe globalement de l'ultra-faiblesse (dans un état maladif comme dans le comics de Geoff Johns et Andy Kubert, mais pas du fait d'une exposition au rayonnement solaire rouge) à l'extrême colère. Sauf exception, je trouvais que cela a manqué de nuance et subtilité. Elle pourrait presque être caricaturale, car si on trouve souvent l'avis qu'elle est "badass", je ne suis pas loin de penser qu'elle surjoue.


Toutefois, cela est à désamorcer par le trop faible temps d'écran à sa disposition pour réaliser une prestation complète et de qualité.




Par conséquent, quel avenir peut-elle voir dans ce rôle qu'elle avait tant rêvé, vis-à-vis du nouvel univers DC en construction ? Sera-t-elle l'actrice du Supergirl: Woman of Tomorrow proposé par le plan de DC ?

Hélas, l'écriture de son personnage ne l'aidera pas.

L'histoire proposée, avec de nombreuses morts enchainées face à Zod, ne nous laisse pas penser que son personnage aura le moindre avenir dans le DCU. Dans The Flash, force est de constater que Supergirl n'a aucune incidence sur le Flashpoint. Supergirl est utilisée de façon négative et sans survie possible, comme un jouet du réalisateur pour son film.




Superman comme Batman ont vu différentes incarnations dans le film, mais ce n'est pas le cas pour Supergirl, à l'exception de la Supergirl d'Helen Slater. Manquent à l'appel la Supergirl de Melissa Benoist dans la série éponyme de l'Arrowverse de The CW, comme Adrianne Palicki puis Laura Vandervoort incarnant toutes les deux la Kara Zor-El de Smallville.




Au final, malheureusement oui, Supergirl a (aussi) été maltraitée...



Le Flashpoint est mal traité, non ?

Comme les deux précédentes parties ont pu vous permettre de le comprendre, ne tournons pas autour du pot : l'histoire du film ne colle pas strictement au comics de Geoff Johns et Andy Kubert.


Le film a pris de nombreuses libertés et chaque article sur la toile a pu vous présenter des différences plus ou moins importantes. Rien de bien original, les adaptations quand elles prétendent l'être ont déjà beaucoup de mal pour produire un bon résultat. The Flash a pris différentes inspirations.


Résumons les différences avec le comics Flashpoint à quelques points seulement :

  • L'univers comics présente normalement une guerre entre Amazones et Atlantes : c'est totalement absent dans le film.

  • Le sauvetage kryptonien est en principe celui de Kal-El atterrissant à Metropolis, enfermé par le gouvernement américain pendant des années dans un souterrain et exposé à des rayons rouges. Il est effectué par Flash, Batman et Cyborg. Le film propose Kara Zor-El/Supergirl avec Sasha Calle en Russie dans une geôle sombre... et on n'a pas de Cyborg.

  • Michael Keaton incarne le Bruce Wayne/Batman du Burtonverse et aide Flash à libérer le Kryptonien, or le comics présente un Thomas Wayne/Batman. Dommage pas de Jeffrey Dean Morgan ou de Michael Keaton en Thomas Wayne ! Le choix a plus été orienté vers les deux Flash et l'histoire filiale des Allen.

  • L'opposition comics est en principe entre un Reverse Flash et Flash, le film prend le parti de proposer deux Flash. Ensuite, le deuxième Flash plus jeune devient Reverse Flash. Mais on perd le lien entre Reverse Flash et Thomas Wayne tout comme la relation familiale des Wayne.

  • De même, le comics ne présente pas le lien entre Barry et son père, mais celui avec sa mère. Le film tente de raccrocher les deux wagons.

  • Beaucoup de caméos avec des références cinématographiques sont proposés dans le film, alors que naturellement le comics ne s'en soucie pas.

  • Enfin, le Général Zod est présent dans le film alors qu'il n'existe pas du tout dans le comics qui présente d'autres personnages.


Des libertés ont été prises. Si vous espérez trouver une adaptation fidèle, passez votre chemin.

Notons que les références à Zod comme à Man of Steel permettent de rattacher le film à la continuité cinématographique et au Snyderverse...



Alors Snyderverse ou pas...?

Le film était particulièrement attendu par les fans de DC afin de connaitre le futur envisagé pour leur univers. La problématique d'un retrait de tout ou partie des éléments du Snyderverse traversait évidemment l'esprit, car le Flashpoint pouvait être brandi comme un outil de validation du reboot organisé par le plan de James Gunn et Peter Safran.


En somme, beaucoup de questions se posaient : Le Snyderverse va-t-il mourir ? Comment assurer une transition logique ? Que garder et que virer pour que les éléments s'enchainent sans contradiction ? etc.


Justlice League


En septembre 2022 étaient prévus des caméos pour l'acteur Henry Cavill dans Black Adam et dans The Flash. Le Kryptonien Kal-El devait rencontrer sa cousine Kara Zor-El incarnée par l'actrice Sasha Calle, en costume. Ils devaient faire plus que se croiser. Mais cela constituait l'approche de la direction de Warner Films du moment, qui envisageait de poursuivre le Snyderverse alors que l'ancienne direction adepte de l'Hamadaverse cherchait à remplacer Superman Cavill par Supergirl (cf. ScreenGeek en avril 2022).


Nous n'avons pas eu de Supergirl Kara Danvers ni de Zod tuant le Superman de Cavill alors qu'il n'était encore qu'un bébé. Comme évoqué plus haut, le film The Flash a plutôt opté pour une entrée en scène de Supergirl, délivrée par Flash et Batman, et s'opposant dans un sursaut aux Russes.


Supergirl et Batman Keaton


Andy Muschietti a finalement réalisé un film compilant des données du Snyderverse sur divers aspects, tout en esquivant différents points et personnages :

  • On retrouve Superman de loin et furtivement lors de la breaking news d'introduction, puis Henry Cavill déformé et supplanté par d'autres incarnations supermanesques.

  • On retrouve Alfred Pennyworth, incarné par Jeremy Irons, sollicitant Barry en début de film, puis Ben Affleck au téléphone et en Batman avec la Batcycle pour un passage d'action de bonne facture. Plus tard, on le voit en Bruce Wayne conseillant Barry Allen sur les risques des interventions temporelles.



  • La Wonder Woman de Gal Gadot est présente dans la scène d'ouverture du film. Elle aide Flash et Batman à s'occuper de voleurs et, en utilisant son Lasso de la Vérité, place les deux héros dans une situation embarrassante et comique avant de s'éclipser.

  • On retrouve des passages liés à Man of Steel et l'attaque de Zod avec la terraformation lancée et la destruction de la ville en cours. Cela donne l'occasion d'approfondir l'idée initiée par Batman v Superman à savoir les impacts de cet événement sur les héros comme Bruce Wayne/Batman et ici Barry Allen. Elle permet de donner une partie de l'origin story de Flash.


Metropolis attaquée

  • Le final complète le lien avec les Curry par l'appel de Barry à Thomas Curry (père d'Aquaman) en début de film avant de proposer en scène de fin le fils Arthur Curry/Aquaman tombant dans l'eau saoul.


En somme, si le film ne retient ni Superman Cavill (pas dignement) ni Cyborg, il ne brise ni n'apporte d'informations supplémentaires sur l'environnement DC. Le reboot tant craint n'est pas véritablement là... en tout cas pas dans ce film.


Avec timidité (ou lâcheté, c'est comme vous voulez), le réalisateur n'a pas tranché véritablement et le fan reste sur un statu quo avec différents blasphèmes, mépris et/ou ignominies visuels.


JA

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