Review Supergirl : on en pense quoi ?
- June Anga

- Jul 26
- 8 min read
Depuis la Stark House de Captain Morpheus pour la sortie du nouvel opus comics des Chroniques de Kaandôr, le tome Kaandôr : Spécial Origines, alors que la coupe du monde de football 2026 battait son plein, les amigos de Geekology Comics œuvraient pour les contributeurs Ulule et ont aussi pris le temps de se rendre au cinéma voir Supergirl.
Après des mois de communication et d'attente, de nombreux articles sur le site, le visionnage était enfin arrivé et la canicule n'a pas empêché le Captain Morpheus et moi d'aller voir le film ensemble quelques jours après la première mondiale à New York et la sortie aux États-Unis le 26 juin dernier.
C'est donc parti pour une petite revue du film sans divulgation (no spoiler) alors que Lanterns verra sa première le 16 août (et deux de ses personnages dans Man of Tomorrow) et que DC assure sa promotion (comme celle de Clayface) à San Diego durant le Comic Con 2026.
ATTENTION, toutefois, cela reste que mon regard et de ce fait un avis parmi d'autres. Je vous invite donc à vous faire le vôtre avec vos propres sens en visionnant le long-métrage. Cet article vous donnera un aperçu de ce qui a attiré mon intérêt ou non...

Du trailer au film : que dire ?
La question des nombreux teasers/trailers
Comme souvent après une communication tous azimuts et sur une longue durée, tout spectateur est tenté de comparer ce qu'il a vu dans les bandes-annonces avec les séquences réelles et longues du film, puis de juger si oui ou non ce qu'il y avait vu était soit trop divulgâcheur, soit hors sujet, soit en-deçà de la réalité, etc.
Pour ma part, comme souvent, ce n'est qu'un amuse-bouche, un apéritif, et je tente de ne pas me laisser influencer par cela afin de laisser "sa chance au produit" et rester le plus ouvert possible à la proposition finalement faite à l'écran. Ensuite, il convient d'indiquer que les articles et sujets suivis en profondeur enlève naturellement quelques découvertes. Difficile de faire autrement. Néanmoins, la globalité du film et ce qui est proposé dans sa construction, son histoire, etc. doivent de mon point de vue aller bien plus loin que les bandes-annonces et réserver aussi - je l'espérais - quelques surprises.
Que répondre alors à cette première série de questions : oui, on voit des éléments présents dans les bandes-annonces, évidemment. Sans mensonges d'ailleurs (ce qui n'est pas toujours le cas de tous les films). Non, il n'y a pas tout le film, mais peut-être un peu trop d'éléments de mon point de vue.
Du comics à l'adaptation : vous pensiez ?
Le film s'intitulait Supergirl: Woman of Tomorrow au démarrage du projet, cependant au final et assez rapidement le film a changé de nom pour devenir Supergirl. La scénariste avait également "lutté" avec son script pour dépasser cette limitation comics. Le roman graphique exceptionnel de Tom King et Bilquis Evely reste donc une œuvre unique, dans la mesure où vous ne retrouverez pas l'histoire in extenso du titre dessinée à l'écran.
Ce n'est pas une adaptation et DC Studios ne s'en est pas caché. Le simple ajout de Lobo/Jason Momoa dans le "roster" changeait déjà sa dynamique pour aborder les choses de façon peut-être plus consensuelle ou plus large afin de construire une histoire un peu différente. Outre, la popularité d'un personnage que l'on voulait y placer, cela donne une orientation différente à l'histoire.
Le film reprend quelques éléments du comics. Il s'en inspire (je vous laisse découvrir en détail dans quelle mesure au visionnage) pour mettre en place certains éléments du film :
le trio Ruthye/Krem des Collines Ocres/Supergirl,
la mort des parents de Ruthye et sa volonté de vengeance,
la rencontre de Supergirl et Krem jusqu'à la mise en péril de Krypto,
la rencontre de Supergirl et Ruthye pour constituer le binôme féminin intrépide qui se soutiendra/interagira tout au long du récit avec force,
le voyage dans l'espace pour retrouver le meurtrier,
la problématique des soleils,
le départ de Kara de Krypton,
la problématique de la fin.
Pour autant, le film n'est pas un copier-coller intégral, ce qui pourra décevoir dans une certaine mesure les amateurs du comics. Le métrage fait des arbitrages et propose de grandes portions complètement différentes :
le voyage intergalactique et les aventures sur les planètes diffèrent au point de laisser de côté quelques planches iconiques pour de tenter de garder une cohérence à la "Les Gardiens de la Galaxie" sur la thématique des Brigands,
le physique de Krem est très différent pour servir l'histoire voulue,
la part des Brigands de Krem est également différente comme celle de Lobo totalement inédite pour avoir une logique cohérente dans le propos,
la part krytonienne est approfondie et un lien avec Superman inédit est établi,
la fin du vilain est très différente, etc.
Les interviews avaient bien indiqué cela au fil des semaines. Restait à savoir comment ils avaient fait cela et pourquoi.
Chef d'œuvre ou pas ?
Au visionnage, nous avons passé un bon moment. Plongés dans l'univers futuriste à la Mad Max et Les Gardiens de la Galaxie, nous avons vu de nombreuses créatures et un bestiaire impressionnant, des planètes différentes montrant un univers varié.
L'ambiance saloon et western, avec les couleurs et la poussière du Far West, est omniprésente. Elle renforce cette approche à la True Grit et John Wick, où la quête de vengeance se déroule au milieu des étendues désertiques et des "bagarres d'époque". Cela alterne avec le voyage spatial et toutes les curiosités associées pour proposer un décalage avec la Terre de Superman.
Tout au long du film, la douleur et la recherche d'identité sont là. Chaque personnage est en quête de plénitude. Quel est son destin ? Quelle est sa place dans l'univers ? Quelle est sa mission ? La douleur de la Kryptonienne est palpable. Elle ne parvient pas à se pardonner d'avoir survécu lorsque les siens ont disparu. Le syndrome de la survivante constitue l'un des principaux moteurs du récit avec des flashbacks intéressants et approfondis de Krypton/Argo City à de nombreuses reprises. Kara cherche sa propre rédemption tout en empêchant la jeune fille de se laisser consumer par la vengeance. Elle sait que certains choix, une fois posés, ne peuvent plus être réparés ni pardonnés.
La dimension psychologique repose sur une reconstruction mutuelle, une guérison réciproque. Au fil de leur périple, chacune influence l'autre et l'aide à avancer malgré le danger. Toutes les deux voient leurs convictions, leurs valeurs et leur volonté mises à rude épreuve. Le parallèle ou la mise en miroir de Clark/Superman et Kara/Supergirl permettent de percevoir leur positionnement différent, mais aussi le point de convergence de deux Kryptoniens.
Superman voit ce qu'il y a de bon en chacun, moi je vois la vérité.
Au cours du film, Kara passe des ténèbres et des doutes à la lumière. Elle porte le poids de la destruction de Krypton et du fait d'avoir survécu. Elle apprend progressivement à accepter son passé et à retrouver un sens à sa vie. Toutefois, cette reconstruction est douloureuse, tel un long chemin de croix, et passe par de nombreuses remises en question.
Le film est un bon film dans la mesure où l'on dispose dans ces forces d'une histoire dynamique et d'une action qui se tient. Milly Alcock est extrêmement crédible dans son rôle et donne une profondeur remarquable. Entre douleur, crainte, insouciance voire délire, l'actrice propose une Kara/Supergirl riche en émotion, instable, bien différente d'un Clark/Superman (joués par David Corenswet) plus stable et structuré. Cette première occasion de voir les deux cousins ensembles est unique et il s'agissait aussi d'en profiter.
Le casting assure son rang, de la jeune Ruthye au facétieux Lobo/Momoa en passant par les parents kryptoniens. Matthias Schoenaerts apparait comme un Krem sans doute trop unidimensionnel, sans nulle doute comme un vilain "vilain", dans la version proposée. Les fans de Lobo regretteront de ne pas le voir davantage, car il apparait peut-être trop comme un prétexte, pas vraiment un moteur du film.
Donc chef d'oeuvre non ! Sans nulle doute, mais catastrophe non plus. Il y a plein de bonnes choses et cela reste un film estival sympathique à prendre pour ce qu'il est... un filler.
Parlons coulisse...
... rapidement, car d'autres seront bien plus pointus sur ces questions économiques.
Le film a déçu rapidement au box office, mais il semble aussi qu'il se présente en salles avec un contexte loin d'être idyllique, point que la production avait globalement plutôt caché...
En effet, les chiffres sont négatifs au box office à sa sortie et montrent une situation en réalité plus complexe pour le film au budget de 170 à 180 millions de dollars. Selon The Hollywood Reporter (THR), Supergirl débutait à la deuxième place lors de son premier week-end d'exploitation avec 37,1 millions de dollars aux États-Unis (derrière Toy Story alors en deuxième semaine et ses 70 millions) et 68 millions de dollars mondiaux. Ce chiffre est inférieur aux prévisions initiales de Warner Bros (environ 50 millions).
Le 26 juillet, selon BoxOffice Mojo, on aurait près de 124 millions de dollars cumulés dont 53 à l'international. Le film réalisé par Craig Gillespie est bien moins noté que Superman l'année précédente de la part du public (B- contre un A-) et subit un revers commercial majeur.
Outre les critiques mitigées, les médias révèlent différents problèmes rencontrés durant le projet.
Une importante divergence artistique existait depuis des mois entre Gillespie et la direction du studio au point de proposer deux versions montées lors des projections test qui mettaient notamment Krem en avant différemment. Les tests n'auraient pas emballés les spectateurs et le studio aurait finalement retenu "sa" version plutôt que celle du réalisateur.
Cette divergence se serait traduite à plusieurs niveaux au cours du projet : 2 éditeurs différents, des scènes supplémentaires écrites par Jeremy Slater favori de James Gunn pour un tournage additionnel de neufs jours, une problématique musicale également soulevée puisque, malgré le travail de Claudia Sarne (énième compositrice du projet, ce qui pouvait déjà être considéré comme un indice en soi), les nombreux titres musicaux utilisés rapprochent plus le film d'un Les Gardiens de la Galaxie que d'un Supergirl à part entière.
De là à souhaiter voir la version de Gillespie pour se faire une idée de la vraie proposition du réalisateur...
Alors, à voir ou non ?
Le film ne partait donc pas sur les meilleures bases pour performer, mais l'équipe a tenté de faire bonne figure jusqu'à la sortie. Pour autant, comme le rappelait Captain Morpheus durant son live post-visionnage, il ne faut se méprendre et ne pas oublier qu'il s'agirait presque d'un "filler" : un film autonome, avec des personnages spécifiques, sans révélations importantes ou en tout cas fondamentales.
On se place dans une parenthèse entre Superman (2025) et Man of Tomorrow (2027). Le personnage de Kara/Supergirl incarné brillamment par Milly Alcock n'est pas essentiel, ni fondamental, dans l'univers DC a priori, eu égard sa place dans le lore des comics supermanesques et plus globalement de DC. Les comics Supergirl représentent en volume très peu de titres. La série Supergirl: Woman of Tomorrow en particulier est une série récente et superbe, mais représente très très peu de titres (8) dans le monde des comics. Tout au plus Supergirl permet donc de proposer des histoires supplémentaires pour construire davantage cet univers DC en marge de nombreux personnages comme Wonder Woman, Batman, Green Lantern et bien sûr Superman, pour n'en citer que quelques-uns.
En cela, il ne faut donc pas y accorder trop d'importance, car le jalon n'est pas "structurant" et aurait presque pu (du ?) être sorti bien plus tard. Ce n'est pas vu comme un mur porteur de tout ce qui se fonde actuellement. Il permet aux fans d'avoir de quoi se mettre sous la dent tout en découvrant le personnage un peu plus par la suite. Avec cette perspective, on désamorce le catastrophisme éventuel pour apprécier l'histoire et avancer avec DC Studios vers la prochaine échéance phare qu'est Man of Tomorrow. Dans l'histoire du cinéma et de la télévision, les Kryptoniens ont été si peu réunis, alors on prend !
Comme vous avez pu le lire, les turpitudes et faiblesses en amont n'ont pas permis in fine d'avoir la meilleure réalisation, même si la performance de Milly Alcock a été particulièrement saluée et nous le confirmons. Ce n'est pas une adaptation stricte du comics de Tom King. En somme, quel que soit votre présupposé, nous vous invitons à aller voir le film et ses quelques éléments intéressants afin de vous faire votre propre avis. Je pense qu'il faut y aller l'esprit ouvert, pour y passer un bon moment sans l'espoir d'y voir un chef d'œuvre. Cela vous permettra d'aborder le personnage de Kara et sa psyché plus avant dans la perspective de la suite puisque les cousins seront de retour dans le gros rendez-vous pour DC Studios l'été prochain. Cette fois, l'échec ne sera pas permis pour la survie du studio et il faudra pour le duo Gunn/Safran proposer un grand film pour remettre DC à niveau dans l'esprit des gens.
A très bientôt sur Planet Superman !
JA






Comments